Circulaire « professeur principal » : copie à revoir pour le ministère !

Le SE-Unsa a pris connaissance, dans un groupe de travail ministériel, du projet de circulaire sur le rôle et les missions des professeurs principaux de collège et de lycée visant à remplacer le dernier texte publié en 1993. Ce nouveau texte, qui ne faisait pas assez la distinction entre le rôle des équipes pédagogiques, des professeurs principaux et des autres acteurs de la communauté éducative, et notamment des CPE et des PsyEN, doit être réécrit. Le SE-Unsa vous tiendra informés sur les avancées des discussions et sur les revendications que nous porterons pour les professeurs principaux.


Coordination et orientation : on charge la barque !

La mission d’information, de suivi individuel et d’orientation appartient à l’ensemble de l’équipe pédagogique, et le nouveau texte reprend ce qui était déjà indiqué dans la circulaire de 1993.
En matière de suivi des acquis des élèves, le SE-Unsa a remis en cause la responsabilité donnée au professeur principal sur la coordination de la saisie du livret scolaire qui nous semble relever du chef d’établissement.

La circulaire revient longuement sur la mission du professeur principal en matière d’accompagnement des élèves à besoins particuliers (interlocuteur privilégié pour les dispositifs, coordination des PPRE….).
Pour le SE-Unsa, le texte évoque alors insuffisamment le lien nécessaire avec les autres acteurs éducatifs. 
C’est aussi le cas concernant les entretiens d’orientation en 3ème et l’accompagnement des choix d’orientation dans les trois voies du lycée où le ministère entretient la confusion des compétences entre les professeurs principaux et les PsyEN EDO : l’entretien d’élucidation qui permet à l’élève de construire son parcours fait appel à des compétences très particulières, tout comme la formalisation des compétences et des motivations dans la voie professionnelle.

Périmètre du professeur principal : des questions sans réponse

Comment sont nommés les professeurs principaux quand il n’y a pas assez de volontaires ? Le texte n’en parle pas.
Les professeurs documentalistes peuvent-ils être professeurs principaux ? On n’en fait pas mention, ce qui pose aussi la question de l’accès de ces enseignants à l’Indemnité de Suivi et d’Orientation des Elèves percue par les autres enseignants.
De même concernant les Sections d’Enseignement Général et Professionnel Adapté (SEGPA) dont le statut de « professeur référent » ne fait l’objet d’aucune rémunération.

Les Heures de Vie de Classe « animées » par le professeur principal et inscrites à l’emploi du temps des élèves sont évoquées mais leur rémunération ne l’est pas.
Le SE-Unsa demande la rémunération des 10 heures de vie de classe prévues chaque année.

De même, l’action des conseillers principaux d’éducation et des psychologues de l’éducation nationale n’est pas assez prise en compte dans ce texte qui doit être réécrit pour mieux intégrer le travail collectif de l’équipe éducative.
Des créations de postes pour ces deux métiers, et la mise en place d’un temps de concertation dans le temps de service des enseignants sont indispensables pour permettre un fonctionnement optimal des équipes pédagogiques et éducatives.

De grandes responsabilités impliquent…une rémunération à la hauteur !

L’ISOE part modulable n’a pas fait l’objet d’une augmentation conséquente depuis sa création en 1993 alors que les missions des professeurs principaux s’élargissent sans cesse. Le texte proposé par le ministère évoque par exemple le rôle de ceux-ci en matière d’orientation et d’information des élèves dans le cadre de la réforme du lycée (choix des enseignements et des options) et de l’accès à l’enseignement supérieur (parcoursup), ces nouvelles responsabilités doivent être mieux reconnues du point de vue pécuniaire !

De la même manière, au collège, le rôle de coordination des professeurs principaux s’étend (EBEP, « devoirs faits », parcours éducatifs) sur certaines missions prévues dans le cadre des Indemnités pour Missions Particulières avec lesquelles elles ne doivent pas être confondues.  En revanche, le SE-Unsa note de manière positive la prise en compte de la formation des professeurs principaux dans cette circulaire qui doit toutefois être concrétisée à l’échelle des rectorats.